Mardi 26 août : Les Régions, partenaires de l’Europe
La Région Réunion était invitée à s’exprimer dans deux débats soulignant le statut accordé par l’Europe aux Régions considérées comme des partenaires privilégiés pour le développement de la Société de l’Information dans les territoires.
L’ART et la Commission Européenne encouragent l’intervention publique dans le débat « TIC et Collectivités : y-a-t-il un modèle européen d’intervention publique ? »
Pour améliorer la situation du haut débit, favoriser la concurrence des opérateurs de télécommunications, Gabrielle GAUTHEY, membre de l’Autorité de Régulation des Télécommunications en appelle à l’intervention publique et à l’utilisation des fonds européens pour améliorer la concurrence entre les opérateurs de télécommunications.
Pourquoi l’intervention publique
Bruno CASSETTE, de la Commission Européenne a, pour sa part, encouragé toutes les initiatives visant à construire la Société de l’Information, étant donné les limites avérées de la concurrence (zones d’ombre, « mur de la rentabilité »). « Il est nécessaire de renforcer l’intervention publique pour faire exister une concurrence inexistante ».
Guy JARNAC a démontré combien la situation à La Réunion méritait une attention particulière. Le développement des usages, encouragé par la Région Réunion, se heurte à l’insuffisance des débits proposés, qui plus est à des prix dépassant la mesure.
Une situation que même les autres départements d’Outremer ne connaissent pas avec la même acuité. En effet, la présence d’opérateurs internationaux permet aux Antilles d’obtenir des liaisons avec Paris à des tarifs jusqu’à 6 fois inférieurs. Et que dire des autres régions françaises et de la Corse (des offres à 900 € par mois pour une liaison spécialisée à 2Mbit) ! Même la situation de l’Ile Maurice est plus enviable, la liaison 2 Mbit avec Paris étant de 21 000 euros par mois, contre 36 000 pour La Réunion. Dans ces conditions, il faut agir et la Région souhaite le faire pour favoriser l’exportation des savoirs et savoir-faire réunionnais.
Le défi a donc été relevé par la collectivité régionale qui a choisi d’améliorer, dans un premier temps, l’offre haut débit locale en agissant sur son territoire avec la mise en place d’une solution imaginée avec EDF et la Caisse des Dépôts et Consignation. La Convention relative au lancement d’un réseau régional à très haut débit desservant toutes les villes de la Réunion et mis à disposition de tous les opérateurs réunionnais, a été signée il y a trois mois. Des fonds européens ont été mobilisés sur ce projet, dont la gestion sera assurée par une entité neutre, la Région n’entendant pas se substituer aux opérateurs existants. A la suite des échanges et sur l’incitation de l’ART, la Région Réunion se prépare donc à saisir le gouvernement d’une demande d’expérimentation pour le développement et la gestion des hauts débits sur son territoire.
La Société de l’Information : une expérimentation en matière de décentralisation demandée par la Région Poitou-Charentes... et la Réunion, la péréquation nationale également vivement revendiquée.
Le second débat sur les régions françaises et la Société de l’Information, a permis d’approfondir les missions des régions, en présence de Nicolas JACQUET, Délégué général à l’Aménagement du Territoire (DATAR).
Les Régions ont affirmé leur rôle de coordination et de programmation pour le développement de la société de L’information, de relais des relations avec l’Europe, une fonction que nul ne semble leur contester.
En effet, un tour d’horizon des régions françaises montre leur dynamisme en matière de TIC : L’Aquitaine développe les ressources de travail collaboratif des entreprises La Région Ile-de-France développe des services sous la forme du projet R3i (www.r3i-region.com) mutualisant les ressources de différentes régions sur les problématiques de portail de ville. La Région Rhône -Alpes n’effectue pas le portage de projets en direct mais coordonne les initiatives réalisées par les pays et les communes. La Réunion, représentée par Sylvie LE MAIRE, a affirmé sa volonté de réduire les disparités par des actions concrètes. Par exemple, en accompagnant l’accès des services au niveau des communes grâce à un partenariat avec les communautés d’agglomération et le Conseil Général.
Cependant, les Régions ont bien insisté sur la nécessaire implication de l’Etat pour organiser la péréquation nationale qui leur permettrait d’assurer pleinement leur rôle structurant.