Comment sortir de l’île


On peut avoir les boucles locales et la collecte les plus performantes, le haut débit ne sera pas une réalité réunionnaise si les "tuyaux de sortie" n’offrent pas les capacités et les tarifs comparables à ceux dont peuvent bénéficier nos compatriotes continentaux. Quelles sont les technologies offertes ?

Il n’y en a que deux, dans le cas de notre île : le satellite et la fibre optique (câble sous-marin SAFE).

Le satellite et ses opérateurs

Depuis l’arrivée du câble SAFE, on parle moins du satellite, mais il représente encore une part substantielle du trafic entre La Réunion et la métropole. Les satellites de télécommunications en fonctionnement à ce jour sont principalement des satellites à orbite haute connus sous le nom de "satellites géostationnaires". Leur vitesse orbitale est synchronisée avec la vitesse de rotation de la Terre, ce qui leur confère une immobilité apparente. Ils disposent d’une capacité importante, supportent tout type d’application, mais n’assurent qu’une couverture régionale. Trois opérateurs possèdent aujourd’hui des liaisons satellitaires :

France Télécom, avec deux paraboles, à la Rivière des Pluies et St Leu (satellite Télécom 2),

Cégetel, avec deux antennes, au Chaudron et au Port (satellite Intelsat),

Outremer Télécom, avec le Téléport Réunion, dans la Technopole, racheté à PROTEL en 1999 (Satellite Intelsat). Les communications avec ces satellites nécessitent des paraboles de diamètre relativement important qui, contrairement à celles de nos bouquets TV, sont capable d’émettre.

Atouts et défauts du satellite

Parmi les inconvénients des systèmes satellitaires, on peut citer :

Les délais de transmission assez "lents", de l’ordre de 600 millisecondes,

L’existence d’effets d’écho,

La dépendance aux conditions climatiques naturelles (cyclones, écllipses...),

La durée de vie limitée.

De plus, la capacité potentielle totale pour les 3 opérateurs ne dépasse pas 200 Mbps. En contrepartie, les satellites sont efficaces dans d’autres domaines :

La télévision et plus généralement la transmission point-multipoint, ("broadcast" : diffusion d’un contenu à un ensemble de clients).

La réception directe d’un trafic Internet au travers d’une parabole de réception de télévision, le trafic retour étant assuré par une connexion sur le Réseau Téléphonique Commuté (RTC) classique,

D’une manière générale, le satellite est indispensable pour atteindre des zones où l’infrastructure terrestre ou sous-marine est insuffisante ou inexistante. C’est le cas de nombreuses régions du continent africain et des îles que le câble ne dessert pas.

SAFE, le câble optique sous-marin

La capacité potentielle du câble SAFE est de 130 gigabits/seconde, soit 650 fois plus que le satellite. France Télécom, investisseur au premier rang du consortium qui a déployé le câble, dispose de 15 % de la capacité, soit 19,5 Gbps lorsqu’il sera à pleine charge. Aujourd’hui, seuls 400 à 500 mégabits/s sont activés, ce qui correspond à 2 % de la capacité attribuée à l’opérateur historique.

Atouts et défauts du câble

Parmi les inconvénients du câble, citons :

Le manque de souplesse de configuration, dont souffre particulièrement les câbles sous-marins (difficile de rajouter un point d’atterrissement). Les avantages :

Transmission rapide : 60 milli-secondes seulement et des performances que les satellites ne peuvent assurer,

Durée de vie double de celle du satellite.

Réseau sécurisé grâce à un double atterrissement,

Presque aucune sensibilité aux cyclones ou fortes pluies. Enfin, atout majeur, le coût de revient du mégabit est divisé par un facteur dix minimum...