6- L’opportunité EDF pour la réalisation d’un réseau fédérateur


Si la nécessité de réaliser un réseau de collecte à haut est désormais avérée, plusieurs technologies s’offrent à la Région Réunion pour sa mise en œuvre : la fibre optique les faisceaux hertziens

La technologie hertzienne présente plusieurs avantages : son déploiement est rapide, modulable et son coût est relativement peu élevé. Toutefois, elle présente des inconvénients rédhibitoires : les débits d’un faisceau hertzien sont de l’ordre de quelques centaines de mégabits par seconde alors que ceux d’une fibre sont de plusieurs dizaines de gigabits par seconde (10 000 fois plus). Seule la solution fibre est de nature à supporter "l’explosion" attendue des débits dans les années à venir1. C’est une solution technologique moins pérenne que la fibre optique. En effet, la durée de vie des matériels actifs et hertziens est de quelques années alors que la fibre a une durée de vie de plus de 15 ans. Pour que les opérateurs puissent offrir du haut débit à leurs clients, il faut qu’ils disposent eux même de TRES HAUT débit, ce que les FH ne permettent que de manière limitée. Cette technologie n’est constituée que de matériel actif, et tant que la loi n’aura pas évolué, la Collectivité est dans l’impossibilité de créer des ouvrages de ce type. Une solution basée uniquement sur cette technologie n’est donc pas envisageable. La technologie fibre optique est plus pérenne et permet d’envisager des débits « quasi illimités ».

Depuis 1999, la Région Réunion pose des fourreaux le long des routes nationales lors de travaux neuf ou de réfection de chaussée. Ceci permet, à moindre coût (puisque l’on profite de tranchées existantes), d’équiper la route d’infrastructures d’accueil de réseaux de télécommunications et d’éviter ainsi la détérioration de la route dans les prochaines années. Ont ainsi été équipés la liaison Port-Aéroport, l’axe mixte St Paul-Le Port, la liaison Boucan-St Leu et la déviation de Bras-Panon.

C’est donc tout naturellement que la réflexion pour la réalisation d’un réseau de collecte à haut débit a démarré en envisageant la réalisation d’un réseau enterré.

Toutefois, cette option présente des inconvénients majeurs. Un tel déploiement est très coûteux (42 millions d’euros) et surtout relativement long à mettre en œuvre, au regard des prévisions de saturation des réseaux des opérateurs (3 ans).

Dans le cadre de l’étude, une autre opportunité s’est faite jour, liée à la volonté d’EDF de déployer de la fibre optique sur son réseau à haute tension pour ses propres besoins. En effet, EDF envisage, depuis 2000, de disposer d’un réseau de télécommunications pour alimenter l’ensemble de ses sites sur une distance de 160 km : postes d’électrification, centrales électrique, barrages, etc. Cette initiative repose sur la nécessité pour EDF de connecter ses sites (besoins internes en téléphonie et en téléinformatique) pour assurer un pilotage sécurisé de la production et de la distribution. Ce réseau, en fibre optique, serait déployé sur son réseau haute tension (63 000 V) qui forme une boucle passant par les plaines. Or, le 06 février 2002, le premier ministre a annoncé la possibilité pour les collectivités de mener des expérimentations de « développement de réseau de communication sur les infrastructures EDF » pour 10 sites pilotes dont la Réunion (4 régions, 6 départements). La Région Réunion, dispose alors d’une opportunité intéressante : déployer avec EDF une infrastructure optique à l’échelle du territoire réunionnais. Cette solution permet un déploiement rapide, conforme aux attentes des opérateurs, moins coûteux et complémentaire aux infrastructures enterrées. Il va de soi que la Région devra poursuivre sa politique de pose de fourreaux le long des routes en profitant d’autres chantiers, les infrastructures enterrées étant tout à fait complémentaires des infrastructures aériennes. Ceci permettra de disposer à plus long terme une infrastructures enfouie, moins sensible aux agressions extérieures, à des coûts relativement faibles.